La tentation de l'oubli
Elle dansait nue au milieu des lucioles noctambules. Allongé sur les feuilles d'automne je la regardais bouger, une bière à la main.

Les guerriers nyctalopes nous guettaient suspendus aux branches des arbres. La mort s'approchait au rythme des tambours.

Sans bruit le vent nous souleva au dessus des plaines urbaines.

Les flammes de la Terre nous réchauffaient. Les corps des traders se balançaient au bout des cravates.

C'est à ce moment, blottis l'un contre l'autre, je m'en souviens très bien, que je l'ai désiré le plus. Dans son corps frémissant et insatiable.

Nous flottions dans le ciel libertin. Nous fîmes l'amour au milieu des nuages.

Un chat nous avait suivit. Il s'amusait à percer les nuages avec ses griffes.

Mais L'agile beauté a disparu. Dans un coup de vent.

Aujourd'hui encore je pense à elle. Je ne pense qu'à elle. Je pourris dans mon caisson étanche à la vie.

Même le chat ne joue plus. Il me suit partout sans conviction. Ses yeux ronds gris-vert fixent l'invisible.

Il n'est plus vraiment un chat. Je ne suis plus vraiment un homme.
© Les Chroniques Chaotiques 2001